Retrouvailles

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L'inhibition de l'action(1)

« Tout événement survenant dans son milieu pousse un individu à agir de façon à obtenir une récompense à son action. Si l'apprentissage, c'est-à-dire la mémoire d'une expérience antérieure, lui a enseigné que lorsqu'il répondait à cette pulsion, il était puni, son système inhibiteur de l'action (SIA) entre alors en antagonisme fonctionnel avec son faisceau de la récompense (MFB). De ce conflit naît l'angoisse. C'est l'un des mécanismes de l'inhibition de l'action, probablement celui décrit par Freud lorsqu'il parle d'un conflit entre le «ça» pulsionnel et le «surmoi» que l'on peut considérer comme l'apprentissage des règlements de la socioculture d'un lieu et d'une époque. Mais l'inhibition s'inscrit dans d'autres grands cadres. Lorsque l'événement survient, l'individu a besoin d'un certain nombre d'informations pour agir efficacement en vue de se protéger. Si son apprentissage antérieur ne lui en fournit pas suffisamment, il y a déficit informationnel, et ce déficit conduit également à l'inhibition de l'action. Inversement, et c'est le cas dans notre société de médias, un trop grand nombre d'informations aboutit aussi à l'inhibition ou pour le moins à une action inefficace : l'individu est dans l'incapacité de classer toutes ces informations, car on ne lui a pas appris à les situer à leur propre niveau d'organisation, ni à considérer les niveaux qui les englobent. Enfin, l'imaginaire peut aussi, en associant les expériences passées, inventer un scénario que l'individu redoute de voir se réaliser, et l'obliger à être inhibé dans son action, même si ce scénario a toutes les chances de ne jamais se produire. Ce dernier mécanisme est propre à l'homme.

 

L'inhibition est donc la conséquence d'une pulsion à agir qui ne parvient pas à s'exprimer. Pulsion fondamentale lorsqu'elle tente de satisfaire aux besoins indispensables à la survie : manger, boire, copuler. Mais il y a également des pulsions qui répondent à des besoins acquis devenus aussi impératifs que les besoins fondamentaux : ceux que la socioculture nous a appris à considérer comme indispensables au bonheur. On peut les réunir sous le terme d'envie. (...) Restent enfin les pulsions tendant à réaliser des situations imaginaires qu'il semble important à l'individu de voir se concrétiser, pour son bien.

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